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Au revoir, là-haut, Pierre Lemaître et Christian de Metter

Bonjour bonjour ! Au mois d’octobre, j’ai pu découvrir une œuvre dont j’entendais déjà parler depuis des mois mais que je n’avais pas pris le temps de lire : Au revoir là-haut, le roman de Pierre Lemaître récompensé au prix Goncourt en 2013. Un véritable coup de cœur que j’ai pris plaisir à lire, passant du rire aux larmes. J’ai tout de suite enchaîné avec la bande dessinée, publiée chez Rue de Sèvres, pour compléter ma découverte de cet univers.

Pour ceux qui aurait loupé cette merveille, Au revoir là-haut raconte l’histoire de Albert et Edouard, deux Poilus ayant survécu aux horreurs de la guerre. Enfin survécu… seul Albert est vraiment revenu des tranchées puisque Edouard, après s’être fait défigurer par un éclat d’obus, a décidé d’abandonner son ancienne identité dans l’Est pour devenir quelqu’un d’autre. La faute à sa famille, qui n’accepte ni son homosexualité, ni son originalité, ni son exubérance. Et alors que la guerre se laisse petit à petit oublier et que la vie reprend, les deux camarades ont décidé de tirer leur part du marché fructueux de l’après-guerre.


La bande dessinée reprend cette magnifique histoire en se laissant quelques libertés. Quelques passages ont forcément été abrégés ou rassemblés pour rendre l’intrigue plus compacte. C’est notamment le cas de la fin qui, bien qu’elle se rapproche de celle du roman, reste différente par sa conclusion. L’histoire ne perd cependant pas sa qualité et sa richesse. Une richesse qui se retrouve notamment dans l’alternance des points de vue. On suit différents personnages, on sait qu’ils vont finir par se rassembler et on prend plaisir à les suivre page après page.

J’ai aimé cette bande dessinée ! Après le roman, il est forcément difficile de faire aussi bien mais je la trouve de qualité. Elle dépeint très bien les émotions du roman et correspond à l’image que je me faisais des lieux et des personnages. Une petite partie de moi reste cependant déçue de l’absence de certains passages. Les dessins sont également très bons. On y retrouve l’ambiance du roman.

Et en classe ?

Je ne recommande pas forcément la lecture de cette bande dessinée en classe. Certains dessins représentent des scènes à caractère sexuel et je ne suis pas sûre que cela soit adapté à notre jeune public. Certaines planches sont cependant magnifiques et méritent d’être étudiées. Juste ici, je vous propose quelques idées pour utiliser et travailler cette bande dessinée en classe.

La mise en scène du chaos

Lors de notre première séquence de l’année, dédiée à la Première Guerre mondiale (Dénoncer les travers de la société ; Individu et pouvoir), nous avons notamment une séance sur l’assaut. Avec un corpus de documents, l’objectif est de comprendre et d’analyser la mise en scène du chaos. Pour cela, nous utilisons différents types de documents pour déterminer lequel est le plus efficace : des extraits de roman, de film, de bande dessinée… Parmi les bandes dessinées choisies, il y a notamment une planche de Au revoir, là-haut. L’analyse s’appuie sur différents axes mais pour la bande dessinée elle passe par la représentation du son et le flou général dans l’identification des personnages.

L’ensevelissement

Un peu plus loin, en plein milieu de l’assaut, le personnage principal est victime d’un obus. Il se retrouve enseveli sous une vague de terre. La planche représente à merveille ce passage et la détresse dont est victime le personnage. La page s’arrête sur une vignette ambigüe qui ne permet pas de déterminer si le personnage survit ou non. Une vignette parfaite pour lancer une activité d’écriture ! On peut d’ailleurs accompagner cette planche de l’extrait du film correspondant puisque la scène représente à merveille l’ensevelissement et le passage du chaos au silence et au noir le plus total.

Les gueules cassées

Dans le roman, Edouard revient de la guerre en tant que « gueule cassée ». Il n’a plus de mâchoire, uniquement une béance au niveau de la bouche. La planche dédiée à la découverte de son visage est terrifiante et pleine d’émotions. Elle peut parfaitement être intégrée dans un corpus autour de cette thématique ou faire l’objet d’une séance d’écriture. Il existe de multiples autres scènes de « découverte » pouvant être utilisées à titre comparatif, je pense notamment à la scène de l’ombre dans La chambre des officiers.


Vous connaissez cette bande dessinée ? Et le roman ?
Si oui, est-ce que cette histoire vous a plu ?

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1 commentaire

  1. Merci pour la découverte de cette BD. J’utilise généralement l’album de Dedieu, 14/18, sans parole, qui retranscrit également le mouvement, le désespoir, le chaos.

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