Les activités S'exprimer

Mémoire de Résistant

Bonjour bonjour ! Il y a quelques semaines, nous avons terminé avec les 3èmes une séquence sur la poésie engagée et plus précisément la poésie de Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette séquence, rattachée aux entrées littéraires Visions poétiques du monde et Dénoncer les travers de la société, est l’occasion pour nous de monter un EPI français – histoire – arts plastiques : « S’engager d’hier à aujourd’hui ». Dans le cadre de cet EPI, je propose chaque année à mes classes de 3ème de réaliser une production plus concrète, plus artistique et de fait, plus conséquente. C’est cette production que je vous propose aujourd’hui !


Vous rassemblerez les effets personnels d’un Résistant de la Seconde Guerre mondiale. Votre production, dont le contenant et le contenu restent au choix, contiendra un poème engagé, une lettre écrite par votre Résistant ainsi qu’un tract engagé.

La consigne de ce projet est simple et malgré quelques impératifs, elle laisse de la place à l’imagination et à la créativité des élèves.
– Le contenant est libre. Je leur ai proposé d’utiliser une enveloppe, une boîte… mais ils ont aussi apporté des valises, des objets appartenant à leurs grands-parents (parfois de véritables objets datant de la guerre !).
– Le contenu également… Dans leur production, j’ai pu trouver des bouquets de fleurs séchées, de vieilles photographies, des bijoux, des médailles, des jouets d’enfants… Les objets étaient tous en lien avec le portrait qu’ils avaient dressé de leur Résistant et souvent, ils y ont même fait référence dans l’une de leurs productions écrites.
– Le poème engagé prenait davantage la forme d’un texte poétique que d’un poème puisque je n’imposais ni forme, ni contraintes. Ils avaient la possibilité de créer un poème métaphorique.
– La lettre était écrite par le Résistant à la personne de son choix : sa femme, ses parents, ses enfants, un autre Résistant… Ce pouvait également être une lettre ouverte, destinée au pouvoir en place.
– Le tract était de forme libre. Il pouvait s’agir d’un tract de propagande ou d’un tract de contre-propagande.

La préparation du projet

Durant toute cette séquence, nous avons découvert des poèmes engagés datant de la Seconde Guerre mondiale (Charlotte Delbo, Paul Eluard… les classiques !). En lien avec le programme d’histoire, nous avons également travaillé sur le film L’armée du crime avec la description de « L’affiche rouge » ainsi que l’étude de la lettre de Manouchian à Mélinée et du poème d’Aragon. Nous avons également accueilli le centre de la Résistance de Thouars qui, lors d’une journée, ait intervenu auprès des élèves pour leur présenter des parcours de Résistants. Les élèves partaient donc avec un bagage du point de vue des connaissances historiques.

Deux séances plus méthodologiques ont été nécessaires. La première était liée à la rédaction de la lettre : revoir la forme de la lettre, le contenu… La seconde était un rappel de leurs connaissances techniques concernant la poésie (les vers, les strophes…).

Le projet a été commencé en classe avec la réalisation d’une carte d’identité, d’un portrait de Résistant. Avec ce portrait, les élèves avaient la possibilité de créer un Résistant fictif. Ils pouvaient choisir son identité, ses origines, sa zone d’action, ses actes de résistance…

L’évaluation

Ce projet permet d’évaluer plusieurs compétences :
– La compétence d’écriture « Exploiter les principales fonctions de l’écrit » pour ce qui est de la forme de la lettre et du poème.
– La compétence d’écriture « Exploiter des lectures pour enrichir son écrit » pour le fond de leur propos, l’utilisation de leurs connaissances (issues de leur cours d’histoire ou de français).
– La compétence transversale liée à la production et à l’investissement dans le projet.

On peut également imaginer une production, évaluée ou non, orale avec la mise en voix de la lettre et / ou du poème (Exploiter les ressources expressives et créatives de la parole) ; une partie plus personnelle et argumentée dans laquelle l’élève justifierait ses choix (Passer du recours intuitif à l’argumentation à un usage plus maîtrisé) ; l’évaluation du brouillon, du premier jet (Adopter des stratégies et des procédures d’écriture efficaces).

De notre côté, ce projet était en lien avec l’EPI, comme présenté au-dessus. Il s’agit d’une production propre au français, que les élèves peuvent présenter à l’oral du DNB si ils choisissent l’EPI pour sujet. Pour l’année prochaine, nous envisageons une production commune entre les matières liées à cet EPI. Ce projet est donc amené à évoluer ! Il y aura probablement une mise à jour de cet article.

C’est un projet que j’ai aimé mener et proposer aux élèves. De leur côté, je crois qu’ils ont aimé le réaliser, en témoigne leurs productions qui sont d’une grande qualité. Ils se sont vraiment impliqués dans la démarche, allant même jusqu’à demander des objets auprès de leurs grands-parents. Certaines productions étaient de véritable objet de mémoire que j’ai adoré manipuler et découvrir. Un véritable privilège que de les voir me confier des objets importants et chéris.


N’hésitez pas à me dire ce que vous pensez de ce projet et à me faire un retour si vous le réalisez ou si vous en réalisez un de similaire !

Pour plus d’idées, d’outils, de lectures… vous pouvez me retrouver sur Instagram !
@flaubertandco

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