Les graphiques Lire

Emmett Till, Arnaud Floc’h

Bonjour bonjour ! Je poursuis sur ma lancée (et ma résolution de rentrée) en vous présentant une nouvelle lecture illustrée. Cette fois-ci, il s’agit d’une bande dessinée, qui m’a été recommandée et prêtée par une collègue. Une bande dessinée que je ne connaissais absolument pas et qui m’a pourtant beaucoup plu : Derniers jours d’une courte vie : Emmett Till écrite par Arnaud Floc’h, illustrée par Christophe Bouchard et publiée chez Sarbacane en partenariat avec Amnesty International.


Vous connaissez Emmett Till ? Parce que moi non. Et pourtant, sa terrifiante histoire ne devrait pas être ignorée. En 1955, dans une Amérique encore divisée entre Noirs et Blancs, le jeune Emmett Till rejoint son oncle depuis Chicago vers le Mississippi. Une histoire banale ? Non, parce qu’Emmett Till est noir. Noir dans un pays encore gangréné par le racisme. Emmett ne comprend pas. En ville, la tolérance est de mise. On s’émancipe, on se bat et on obtient des droits. Mais pas dans le Sud… Et l’attitude, jugée trop insolente, d’Emmett dérange. Et quand il décide d’entrer dans une épicerie pour acheter des friandises, on dit de lui qu’il dépasse les bornes. Pire encore… On l’accuse, à tord, d’avoir insulté l’épicière. Emmett se retrouve alors prisonnier d’un désir de vengeance, d’une haine générale qui le mènera à une fin sordide.

La bande dessinée en elle-même est superbe. Le jeune Emmett, plein d’innocence, attire tout de suite notre sympathie. La temporalité du récit y est pour beaucoup puisque dès le début on sait qu’Emmett est voué à une fin tragique (c’est d’ailleurs dans le titre). On y accède d’ailleurs par épisodes ponctuels. Donc on attend, et chacun de ses gestes, chacune de ses paroles nous inspirent la pitié. Et plus Emmett nous attendrit, plus le reste des habitants de cette ville nous sont exécrables.

En parallèle de cette histoire, le narrateur intervient pour commenter ces événements. Le narrateur qui n’est autre qu’un des camarades d’Emmett qui a lui-même assisté à ce drame. Il est en compagnie d’un journaliste qui, sous couvert de s’intéresser au jazz, le questionne en réalité sur l’histoire d’Emmett. La double-narration est donc intéressante et apporte une richesse au récit.

J’ai vraiment beaucoup aimé cette bande dessinée. Rapide à lire, elle n’en reste pas loin intense et terrifiante. Elle est instructive également puisque, comme je vous le disais auparavant, je ne connaissais pas l’histoire d’Emmett Till. On connait l’histoire de Rosa Parks (d’ailleurs je vous en parle ici), mais celle d’Emmett bien moins alors qu’elle est tout aussi importante pour l’Histoire du XXème siècle. Trop sordide ? Trop dérangeante ? Je me questionne sur les raisons de cet oubli… Le dossier à la fin répond à beaucoup de questions et présente Emmett depuis un autre point de vue, plus documentaire. De nombreuses photos d’archive sont proposées et ancrent définitivement le récit dans la réalité et dans l’Histoire.

Exploitation possible en classe

Cette bande dessinée me semble accessible pour les 3èmes. Elle sera parfaite pour une séquence sur la ségrégation et l’évolution des droits des Noirs (Dénoncer les travers de la société). La temporalité me semble également être un atout à exploiter. Ci-dessous, je vous propose une atelier d’écriture pour approfondir la lecture de la bande dessinée !


Vous connaissez cette bande dessinée ainsi que l’histoire d’Emmett ? Si le sujet vous intéresse, il existe quelques ouvrages (souvent en anglais) et quelques documentaires vidéos.

Pour plus d’idées, d’outils, de lectures… vous pouvez me retrouver sur Instagram !
@flaubertandco

1 commentaire

  1. Sabrina a dit :

    bonjour ,je l’ai lue aussi, je suis entièrement d’accord avec votre analyse, je travaille sur cette BD et sur le dossier à la fin, histoire nettement moins connue que celle de Rosa Parks par exemple, que je fais également étudier à mes élèves dans une séquence sur le racisme , avec Boitelle et le reflet

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *